#13 - Les gens ne sont pas faits pour se perdre à l’intérieur d’une carte postale
Et voici une nouvelle petite histoire!
Il était neuf heures quand je me suis levé de mon canapé pour aller relever le courrier. Il n’y avait presque rien. Quelques factures, un journal de la région et de la publicité, comme d’habitude. Pourtant quelque chose capta mon attention, c’était une carte postale que j’avais reçue d’un ami qui s’appelait José. Rien de si spécial, sauf que c’était un ami à moi qui était décédé il y a trois mois suite à un accident en mer. Peut-être une distribution tardive de la poste, qui sait ? Je retournais la carte pour regarder de quand datait le timbre d’envoi et là je fus sidéré de voir qu’elle avait été envoyée il y avait à peine une semaine. Choqué, je m’assis dans mon canapé avec la fameuse carte et essayais de comprendre le pourquoi du comment. J’avais beau me torturer l’esprit, je fus incapable de trouver un raisonnement logique à ce mystère. Finalement je m’endormis d’épuisement sur le canapé du salon. Je fus réveillé par une douce chaleur qui me chatouillait le visage, j’ouvris les yeux et je découvris que j’étais sur la plage de la carte postale. Il fallu que je me frotte les yeux une dizaine de fois et qu’un crabe me pince le gros l’orteil pour que je me rende compte que j’étais bel et bien dans le décor paradisiaque de cette mystérieuse carte. L’île n’était pas très grande et de prime abord, il semblait que cinq minutes suffiraient largement pour en faire le tour. Je me mis en marche mais plus je marchais et plus l’île semblait s’agrandir. J’essayais de courir mais rien n’y faisait, l’île semblait toujours aussi inaccessible. Je me tournais vers l’intérieur du petit morceau de terre et courut en direction de la forêt. Quelle fut ma stupeur ; dès que je pensais avoir quitté le sable pour atteindre les premières herbes, je me retrouvais à nouveau à mon point de départ. Qu’importe la direction que je prenais, je restais au même endroit. Ce n’est que quand je me suis calmé que je vis le catamaran qui s’approchait de la plage pour venir s’arrêter à une dizaine de mètre de la côte. Un homme était à bord du bateau et me faisait des signes de la main. Je regardais avec prudence lorsque je découvris avec stupeur que c’était José ! J’avais mille questions à lui poser. Je commençais à m’avancer vers lui, cette fois-ci la plage me laissa y aller. Je me retrouvais les pieds dans l’eau, me retourna pour voir la plage, et fut stupéfait de découvrir qu’elle avait disparu, il ne restait que l’eau et le catamaran. Je m’avançais prudemment vers le bateau, encore bouleversé par ce qu’il se passait. J’arrivais à la hauteur du bateau et une échelle fut lancée pour me permettre de monter. Une fois sur le pont je voulus remercier José mais il n’y avait personne à bord. J’étais seul sur ce grand bateau blanc perdu au milieu de l’océan. J’explorais tous le bateau à la recherche de José, car j’étais sûr de ne pas avoir rêvé, je l’avais vu, et même si ce n’étais pas lui, c’est sûr il y avait quelqu’un dessus. Il n’y avait personne, j’ai fait trois fois le tour du bateau et je n’ai pas vu âme qui vive. J’entrepris de descendre à la cabine, peut-être m’attendait-il dedans ? J’ouvris la porte et ne fus pas surpris de découvrir qu’il n’y avait personne dans cette cabine, faite entièrement de bois, avec tout l’équipement nécessaire pour survivre en mer, quoi que je fusse surpris de ne pas y découvrir de radio. Dépassé par les événements, je m’assis dans le canapé rouge pour essayer de remettre de l’ordre dans mon esprit. J’ai voulu m’endormir sur le canapé en me disant que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve mais je fus interrompu par un bruit sourd et sec. J’allais sortir de la cabine pour savoir ce qu’il se passait mais énorme secousse m’obligea à m’accrocher au canapé, comme si le bateau avait été pris dans une tempête violente et puis, tout à coup à nouveau le calme complet. Je sentais le bateau avancer mais plutôt avec une impression de flotter au-dessus de l’eau que de réellement naviguer. Je sortis enfin de la cabine de bois. Il faisait nuit, une belle nuit étoilée, sans nuage, ou presque, car les nuages de coton et de velours avait remplacé la mer et son île paradisiaque. Je me frottais les yeux, ne croyant pas le magnifique spectacle que j’avais sous mes yeux et m’accouda sur un rebord du catamaran pour mieux contempler cette incroyable vue, quasi irréelle. Je sentis une lourde main se poser sur mon épaule, c’était celle de José. Je me tournais vers lui surpris, je savais bien que je l’avais vu, et lui demandais par quelle magie pouvait-il encore être vivant ? Il me répondit qu’il ne l’était pas. Je levais un sourcil étonné et lui demandait alors pourquoi est-ce que je pouvais le voir ? Lors ce que je compris enfin, José me tendit la main, me fit un sourire à la fois moqueur et rassurant et prononça simplement ces quelques mots qui resteront gravé en moi pour l’éternité « bienvenu l’ami ».
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