#12 Pourquoi Pandragore?
Voici une petite nouvelle que j'ai écrit pour expliquer la Pandragore
<<Où sommes-nous professeur? >> C’était l’assistant du professeur Charleston qui venait de s’exprimer. Il s’appelait Louis, vingt ans, plutôt maigre, un bon mètre septante et surtout un grand passionné de biologie.
<<Probablement perdus, mais proches des pandas. >> Le professeur avait la soixantaine, une barbe grisonnante, une calvitie laissant le milieu de son crâne complètement nu. Tous deux s’était rencontré après un séminaire que le professeur avait donné. Celui-ci portait sur l’hypothétique découverte d’une nouvelle plante. Au début, Charles Charleston pensait à un cousin de la mandragore mais il s’est très vite rendu compte que celle-ci avait des propriétés biologiques bien différentes de la plante rouge. Il ne put l’étudier longtemps car il ne possédait qu’une pousse de cette plante et elle mourut rapidement. Dans les grandes lignes, la plante ressemblait physiquement à une mandragore, mais au lieu que la racine évoquait vaguement une poupée, celle si ressemblait à un ursidé, plus exactement à un panda. La couleur aussi était différente : au lieu d’être rouge vif, elle était blanche parsemée de points noirs. Troublé par ces caractéristiques si proches de celles du panda, et selon lui ce n’était pas un hasard, amena tout naturellement le professeur à appeler la plante ‘Pandragore’. Louis, fasciné par ce séminaire entreprit les démarches relatives à devenir l’assistant du Professeur Charleston. Ce qui n’était pas chose aisée car tout le monde savait que le professeur Charleston préférait travailler seul, mais à force de persévérance, il fut accepté par Charles.
Ils travaillèrent sur l’hypothèse du professeur. Étant sûr de son intuition qui lui disait que le panda et la pandragore étaient liés. La théorie la plus pertinente était qu’au moment de la croissance de la mandragore, le panda intervenait d’une façon inconnue sur la plante en en perturbant la croissance et donnant ainsi la mandragore. Or ils tombèrent sur un problème, plutôt simple mais qui empêchait tout deux d’avancer plus loin ; la mandragore poussait dans une région peu propice à la survie de l’animal et le panda vivait dans un climat trop humide pour la plante. Ils se sont mis à analyser les quatre coins du globe, à observer les cartes topographiques, pour trouver, ils l’espéraient, une exception à cette règle biologique. Après des semaines d’analyse minutieuse, ils trouvèrent un endroit qui pouvait par son climat accueillir les deux composants principaux de la pandragore. Cette région se trouvait au fin fond de la jungle du Turkménistan. Il n’en fallut pas plus pour raviver l’engouement du professeur et lui faire perdre la tête. Il prit son sac et partit dans le premier avion en direction d’Almaty, ville la plus proche de la jungle. Louis eu du mal à suivre le rythme de Charles et dut se précipiter pour ne pas rater le vol auquel il tenait aussi énormément.
Almaty était la ville étape qui permettrait aux deux compagnons de s’enfoncer plus profondément dans la jungle. Lors de leur court séjour, ils purent interroger les habitants sur la pandragore, s’ils avaient déjà entendu parler d’une plante similaire. Beaucoup d’entre eux parlait d’une plante légendaire, que seul le grand guerrier pouvait trouver. Selon la légende, cette plante était le croisement entre deux dieux, l’un atlante et l’autre asiatique. La relation était un amour interdit et ils furent punis à voir le fruit de leur amour transformé en être végétal.
Les propos rapportés par les villageois confirmaient leurs espoirs. Le professeur et Louis savaient maintenant qu’ils étaient sur le bon chemin. Ils décidèrent de s’enfoncer dans la jungle et de rechercher la fameuse plante.
Cela faisait déjà trois mois que les deux compagnons étaient partis de la ville d’Almaty et trois semaines qu’ils erraient sans boussoles ni cartes perdus lors d’une hasardeuse rencontre avec un très jeune tigre du Bengale. Une sacré veine qu’ils n’aient perdu que la boussole, la carte et une partie du sac à dos de Louis, ils auraient pu y laisser un bras, une jambe ou pire, sachant la réputation de la dangerosité d’un animal comme celui-ci. Pourtant rien ne présageais l’attaque du féroce félin, tapis dans les feuillages, attendant le moment opportun pour se faire les crocs sur ces deux menus animaux, inconnus jusqu’alors dans son bestiaire. Heureusement pour nos deux compères, l’animal ne se doutait pas un instant que le sac à dos n’était pas fait de chair et d’os. Celui-ci bondit sur le sac à dos de Louis, qui grâce à un réflexe hors du commun pu se dégager à temps et commença à courir, perdant dans l’occasion la carte et la boussole qu’il était en train d’examiner, laissant le félin hébété par la consistance du sac. Ils eurent le temps de traverser un pont de fortune construit par des indigènes et arrivés de l’autre côté de la rive, ils purent couper la corde laissant le tigre passer sa rage sur le sac, qu’il n’avait pas lâché, et son contenu. Les deux biologistes, sains et saufs mais sans outils de navigation, continuèrent leur chemin à l’aveugle. Au bout de quatre jours de marche, ils sortirent de la jungle pour se retrouver face à un énorme champ de bambous.
<<Où sommes-nous ?>>
<<Probablement perdus, mais proche des pandas. Ceci nous fais un objectif de moins à trouver, il ne nous reste plus que la mandragore à découvrir pour pouvoir l’observer >>
Naviguer parmi les bambous n’était pas chose aisée. Très proches les uns des autres, ils formaient une sorte de parois offrant peu de visibilité, ce qui contraignait les deux aventuriers à rester sur leurs gardes pour éviter de se retrouver nez à nez avec un panda très agressifs. Ils n’auraient certainement pas la même chance qu’avec le tigre du Bengale.
Cela faisait maintenant quinze jours que Louis et Charles erraient dans cette océan de bambou quand ils purent enfin s’apercevoir que les plantes se faisaient de moins en moins denses jusqu’à que celle-ci disparaissent complètement et laissent la place à un petit champ parfaitement carré de mandragores. Stupéfaits, ils savaient qu’ils n’étaient plus très loin d’un découverte importante, du moins à leurs yeux. Ils décidèrent de construire leur campement en hauteur. Choses en soit pas très compliquée dans la théorie, vu qu’ils avaient toute la matière première à disposition. Mais leur principal souci était la crainte qu’un ursidé ne vienne se faire les dents sur un des supports de la cabane. Ils construisirent donc la cabane d’observation mais recouvrait les supports d’alcool en espérant que l’odeur suffirait à décourager les pandas de grignoter leur cabanon.
Ils restèrent plusieurs jours à l’affût, en prenant des tours de gardes et sans vraiment savoir qu’attendre. Pandas, il y avait, mais aucun d’eux ne semblaient être attirés par le champ de mandragores. Découragés, mais sans perdre espoir, les deux biologistes continuèrent leurs observations dans l’espoir de comprendre la surprenante transformation. C’est une aube particulière qui amena Louis à réveiller le professeur pour observer l’étrange comportement d’un Panda. Celui-ci semblait vouloir s’approcher du champ. Sa démarche était lente et laborieuse, son poil avait perdu son éclat, sa fourrure était parsemée et l’on pouvait même voir sa peau par endroit. Sa tête évoquait celle des vieux sages chinois. Fascinés, Charles et Louis, contemplaient l’ursidé qui venait de se coucher dans le champ de fleurs et qui maintenant s’endormait, paisiblement, pour la dernière fois. Plusieurs jours passèrent, durant lesquelles les deux aventuriers observèrent le corps de l’animal se décomposer peu à peu. Il ne restait bientôt plus rien du vieux panda. Seul restait à l’endroit où il était couché, une large tâche d’un blanc rayonnant. Tout le champ s’était modifié, il avait perdu son rouge écarlate pour s’atténuer dans des nuances plus douces et finalement se perdre pour céder la place au blanc flamboyant, comme si l’essence du Panda s’était diffuse à travers les fleurs. On y voyait grandir peu à peu les tâches noires. Ils venaient de percer le secret de la Pandragore.
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